mardi 19 mars 2013

Andreï Makine : Une Femme aimée

Une femme aiméeAndreï Makine : Une Femme aimée - Ed du Seuil, 2013 - roman biographique. COUP de COEUR 

Impossible d’expliquer en quelques mots ce roman extraordinaire et très original d’Andreï Makine. On sait déjà tout, ou presque, sur le règne (1729-1796) et la personnalité passionnante de Catherine II de Russie.

Sont déjà sortis à ce sujet entr’autres : « Catherine La Grande » de Henri Troyat (Poche, 2011) ; « Catherine II : un âge d’or pour la Russie » de la spécialiste Hélène Carrère d’Encausse (Ed. Fayard en 2002) ; « Les amours de la Grande Catherine » de Fédorovski, biographie écrite en 2009 (Ed. Alphée)

Mais ici ce sont l’écriture et la forme qui donnent tout le relief à ce roman. L’auteur mêle la vie de la Tsarine en Russie au XVIIIème siècle et la vie actuelle (à partir de 1980) à Saint-Petersbourg d’un jeune cinéaste. Il doit réaliser un film d’une heure quarante pour raconter la vie de Catherine II en début de roman (ce qui est peu) et le film sera visé par le Comité d’Etat pour l’art cinématographique donc par la censure politique. En fin de roman, après l’effondrement du communisme, ce sera devenu un feuilleton télévisé de « trois cents épisodes et demi »  qui doit plaire au public et obéir au « diktat de l’Audimat » : Donc aucune liberté et vérité pour les deux cas.

Cette impératrice a été de tout temps décrite comme une « mangeuse d’hommes » vivant  au milieu de complots, conquêtes, émeutes, tueries mais aussi comme une femme de pouvoir ayant construit la prospérité économique de la Russie, la croissance industrielle, l’essor culturel et les succès extérieurs tel un homme. Ségur l’appelait : « Cette femme grand homme » et Ligne la surnommait « Catherine LE grand ».

Ce jeune cinéaste veut trouver une autre vérité sur l’impératrice qui a surement une part d’elle-même qui était « une femme aimée » et aimante, une femme ordinaire qu’un homme a pu aimer avec désintéressement : il veut découvrir la véritable personnalité de cette femme qui dira « Mon cœur ne peut vivre un seul instant sans aimer ». Est-ce la clef du roman ???

Andreï Makine a dit à l’émission « La Grande Librairie » : « Je pourrais faire une déclaration d’amour à cette femme ». On le croit volontiers et il parvient à nous faire changer d’opinion sur cette femme extraordinaire.

 

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