mardi 4 octobre 2016
Sylvie Germain : A la table des hommes (n°4 Sept 2016)
Sylvie Germain : A la table des hommes - Albin Michel, 2016 - roman français
Ce récit est une « parabole fantastique » dont nous tirerons un enseignement, une leçon…tant cette fable intemporelle est d’une actualité surprenante.
Dans sa première partie
magnifique, le héros est un porcelet perdu, sauvé par l’aide d’une femme, puis
d’une daine, puis d’une corneille. Cette partie est fabuleuse car l’auteur nous
décrit la nature, le charme de la forêt, les jardins, les odeurs à travers les
sensations du porcelet. L’auteur nous fait découvrir le monde animal de façon
passionnante.
Mais un jour notre
héros se réveille sous les traits d’un jeune garçon adolescent « aux
cheveux d’un blond presque blanc et à la peau un peu rose »…Il devra
apprendre la vie des Hommes. « Est-ce un simple d’esprit, un dément ou un
enfant sauvage ? » se demandent les habitants du village où il a été
découvert. Il est candide, sensoriel, sans jugement sur le monde. Son
apprentissage passe par des étapes : langage, nourriture, habillement. Il
doit intégrer les notions de brutalité, de jalousie, de violence.
Malgré ma déception à
la lecture du dernier tiers du livre qui s’enlise passablement, je suis restée
impressionnée par l’idée originale du début du récit si bien écrit et
« vu ». Le style est admirable avec « un vocabulaire d’une
extrême richesse, qui dit si bien les choses, sans animosité, ni rancœur, ni
haine, ni cynisme » (L’Express).
Ce récit est « un
roman sur la dualité humain-animal » qui nous décrit le monde actuel avec
ses brutalités, ses guerres, ses haines mais aussi donne une leçon de sagesse,
de tolérance, d’égalité des chances et insiste sur l’importance de la culture.
mercredi 24 août 2016
Tatiane de Rosnay : Manderley for ever (n°1 Aoüt 2016)
Tatiana de Rosnay : Manderley for ever - Albin Michel, 2015 et Livre de poche, 2016 - biographie.
Le
« personnage » principal (Manderley vaste demeure en Cornouailles) du
roman « Rebecca » publié en 1938, écrit par Daphné du Maurier,
subjugua la romancière Tatiana de Rosnay. Elle se lance donc dans une biographie
passionnante sur Daphné du Maurier, cette auteure du début du 20ème
siècle, femme « ultramoderne » et atypique, complexe et torturée, qui
voulait vivre librement à une époque où les femmes ne l’étaient pas.
Tatiana de Rosnay fait
alors des recherches approfondies sur Daphné en rencontrant ses enfants et
petits-enfants, en allant visiter ou voir de loin les maisons que celle-ci a
habité et tant aimé. Elle dit : « Ce livre se lit comme un roman,
mais je n’ai rien inventé. Tout y est vrai. C’est le roman d’une vie ».
Elle a aussi la très bonne idée d’insérer des photos qui permettent au lecteur
d’imaginer de près la vie de Daphné.
J’ai énormément aimé
tout ce qui concerne la vie en Cornouailles : les maisons, les paysages,
les jardins, le petit port, les bateaux sont extrêmement bien décrits : on
s’y croirait !! L’ambiance « so british » est bien vue.
Les états d’âmes de
Daphné sont complexes ainsi que ses relations avec ses parents, ses sœurs, ses
amis et amies, sa gouvernante chérie. L’auteur a su les analyser avec finesse
d’autant que daphné aimait cultiver le secret et le flou.
Seuls les résumés des
livres de Daphné du Maurier m’ont paru un peu long et sans intérêt : ils
alourdissent et allongent le livre.
J’ai donc beaucoup aimé
cette biographie qui donne un éclairage nouveau pour moi sur Daphné du
Maurier.
Rappelons que Tatiana
de Rosnay, auteure franco-anglaise, a écrit le best-seller : « Elle
s’appelait Sarah », vendu à 9 millions d’exemplaires et adapté au cinéma.
Tracy Chevalier : A l'orée du verger (n°2 Aoüt 2016)
Tracy Chevalier : A l'orée du verger - Quai Voltaire, 2016 - roman étranger (trad de l'anglais)
Tracy Chevalier, auteure anglo-saxonne, vit à Londres avec mari et enfant et s’est rendue mondialement célèbre par le roman « La jeune fille à la perle » en 1999 qui nous plongeait dans l’atelier de Vermeer au milieu du XVIIème siècle. Ce roman sera adapté au cinéma en 2002 par Peter Webber. Il fut vendu à plus de quatre millions d’exemplaires à travers le monde. Elle enchantera ses lecteurs aussi, et moi particulièrement, avec « la Vierge en bleue » (Quai Voltaire en 2004, puis en Folio), « La dame à la licorne « (Quai Voltaire en 2003 puis en folio), « Prodigieuses créatures » (Quai Voltaire en 2010 puis en Folio), « La dernière fugitive » (Quai Voltaire, 2013).
Ici avec « L’orée
du verger », elle nous écrit un
roman d’aventures en plusieurs épisodes. Il commence dans les terres
marécageuses de Black Swamp dans l’Ohio en 1838. Nous suivons la famille Goodenough , paysan dans le
Connecticut, venue s’installer dans
l’Ohio comme planteur de pommiers : James essaie d’obtenir de bons fruits à la
saveur parfaite tandis que sa femme en attend l’eau de vie… L’épisode suivant,
nous suivons Robert le fils aîné qui,
après un drame, que nous découvrirons plus tard, est parti vers l’Ouest.
Puis les épisodes sont une alternance
jusque 1856 entre la vie à Black Swamp et la vie de Robert arrivé en Californie
où il sera garçon de ferme, mineur, orpailleur, collaborateur d’un exportateur
fantasque de pousses de séquoias.
C’est ainsi qu’avec son
merveilleux talent de conteuse, Tracy Chevalier nous fait traverser l’Amérique
au début du 19ème siècle sur la base de faits historiques réels
et de personnages ayant existé et d’autres fictifs bien sûr.
Les six parties du
livre sont différentes : chaque métier est décrit avec réalisme aussi bien
le planteur de pommes, que le mineur ou le botaniste. On sait que cette auteure
fait des recherches approfondies sur les thèmes de ses romans.
J’ai beaucoup aimé les
premières parties : la description des pommes, leur couleur, leur goût, la
saveur du jus de pomme ; l’amour de cet homme pour ses plantations, la
façon de planter, la manière de faire des greffes ; la vie rude dans ce
pays marécageux puis la description des plantations de séquoias. L’énumération
des pérégrinations de Robert tire un peu en longueur mais le lecteur est tenu
en alerte par le fil conducteur du livre : le drame arrivé un jour à Black
Swamp.
Je peux conclure en
citant un critique de « La Croix » : « Tracy Chevalier
donne vie et saveur à chaque scène, intime ou épique, solitaire ou chorale,
triviale ou quasi philosophique »
Laura El Makki et Guillaume Gallienne : Un été avec Victor Hugo (n°3 Aoüt 2016)
Laura El Makki et Guillaume Gallienne : Un été avec Victor Hugo - Ed Equateurs/ France Inter, 2016 - Essai. Livre court.
Quel régal, cette
collection d’opuscules sur la vie d’auteurs classiques. J’avais déjà fait un
topo sur « Un été avec Proust », que j’avais beaucoup aimé et ce qui m’avait incitée à relire de passages
d’ « à la recherche du temps perdu ». On peut lire aussi Un été
avec Montaigne, avec Baudelaire.
Ici c’est Un été avec
Victor Hugo : 40 petits chapitres sur la vie de cet écrivain hors normes
traversant les épreuves, les deuils familiaux, l’exil…mais aussi son enfance,
ses amours, ses enfants, ses
petits-enfants, ses talents, ses amis écrivains ou peintres, ses idées
politiques et religieuses.
Je cite le mot de
l’éditeur : « Passer un été avec Victor Hugo, ce n’est pas seulement
se reposer à l’ombre d’un géant, mais aussi voyager en sa compagnie, aimer
jusqu’à l’épuisement et partager son sens de l’humour loin de l’image
scolaire ». Cela résume bien l’excellent moment de lecture qui donne envie
de relire les œuvres de ce grand écrivain avec un autre œil que durant mes
études.
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Richard Ford : En toute franchise- Ed de l'olivier, 2015 et Poche Points, 2016 - roman américain.


