samedi 26 novembre 2016

Joël Dicker : Le livre des Baltimore (n°4 Nov 2016)




Joël Dicker : Le livre de Baltimore - 2015, Ed de Fallois - roman

livre le livre des baltimore 


« Trois ans après le Triomphe de la « Vérité sur l’affaire Harry Quebert », l’écrivain suisse Joël Dicker signe des retrouvailles très attendues avec son double Marcus Goldman », nous dit le titre d’un article de la revue Lire en octobre 2015.
Rappelons que le premier roman a été vendu à trois millions d’exemplaires, traduit dans 40 langues sans oublier le Grand Prix de l’Académie Française et le Goncourt des lycéens.
Dans Le livre des Baltimore, l’auteur nous raconte l’histoire d’une saga familiale, vivant aux Etats-Unis. Le personnage principal, Marcus est le portrait de l’auteur : ce Marcus cherche à écrire un roman qui ne décevra pas après le triomphe d’un grand succès…Ce jeune écrivain, habitant en Floride maintenant, revient sur sa propre vie, adolescent dans le New Jersey où il passait des vacances chez des riches cousins. Il forme un « gang » avec ses cousins, Hillel et Woody, et une future étoile de la chanson, Alexandra. Le quatuor vit ses rêves (l’un devient champion de foot) jusqu’au « Drame » que l’on découvre vers la fin du livre mais dont l’auteur nous cache la vérité durant tout le livre, tout en en parlant souvent !!! Technique de suspense assurée…
L’auteur utilise un peu la même façon d’écrire que dans le livre précédent : par le biais de lettres et de chapitres datés, on remonte les années pour comprendre le Drame et la suite du Drame.
Dans une interview, l’auteur dit avoir passé ses vacances dans sa jeunesse chez des « cousins d’Amérique » : on s’en doute car les détails sur la vie américaine, les mœurs, les traditions, les portraits des personnages (oncle et tante) sont vraiment bien vus ainsi que l’adolescence,  « période bénie où tout parait possible », dit-il.
Excellent moment de détente pour ce livre américain, écrit par un suisse…







jeudi 27 octobre 2016

Audur Ava Olafsdottir : Le rouge vif de la rhubarbe (n°1,oct 2016)


 livre le rouge vif de la rhubarbe


Audur Ava Olafsdottir : Le rouge vif de la rhubarbe - Ed. Zulma, 2016 - roman islandais.

 

 

Audur Ava Olafsdottir  m’a déjà enchantée avec son roman Rosa Candida paru en 2010 et 2015 (Ed. Zulma) et en  poche en 2016. Elle fut en 2010 finaliste du prix Fémina et a obtenu le Grand Prix des lectrices de Elle.
Cette auteure islandaise sait décrire « la vie ordinaire » avec une écriture merveilleuse et simple aussi bien pour les descriptions des personnages que celles des magnifiques paysages de son pays et celles des oiseaux qui le survolent. Ce livre vient de paraître en France mais il est le premier qu’elle a écrit.
Le héros de ce roman est Agustina, une jeune ado de 14 ans qui fait de grands projets bien qu’armée de béquilles. « Quand on est une adolescente handicapée, on apprend à aborder les choses d’une autre manière. On voit ce que les autres ne voient pas avec une intensité peu commune. » (Le Monde). Espiègle, drôle, arrogante, solitaire, n’en faisant qu’à sa tête, elle m’a émue profondément. Sous des apparences légères, cette jeune fille nous donne une leçon du dépassement de soi. En même temps, elle recherche ses origines : sa mère est très loin et lui écrit des lettres touchantes, son père a disparu avant sa naissance et elle en  tire    une philosophie de vie peu ordinaire. Elle est élevée par  Nina une amie de sa mère : une pure merveille de nounou.
On lâche ce livre calme et doux difficilement car on s’attache à cette Agustina.
Le style est délicat, poétique, tout en harmonie : chaque mot est pensé et traduit avec minutie.
Ce livre court est un petit bijou de littérature.


Amélie Nothomb : Riquet à la houppe (n°2 oct 2016)

Amélie Nothomb : Riquet à la houppe - Albin Michel, 2016 - roman

  livre riquet a la houppe

Je ne suis pas une fan d’Amélie Nothomb et ne lis pas systématiquement son roman de l’année qui parait inévitablement à la rentrée littéraire, ce qui vaut à cette auteure atypique une large couverture médiatique.
Cette année, le thème qu’elle a choisi me plaisait : ce roman est inspiré d’un conte de Perrault « Riquet à la houppe » paru dans « Histoires ou contes du temps passé » en 1697 et a pour thème la rencontre de la belle et la bête, pourrait-on dire…
Nous suivons l’histoire de deux couples qui viennent d’avoir chacun un enfant. L’un des  enfants sera un  garçon, Déodat, surdoué au physique affreux aussi bien le visage que le corps, entouré de parents aimants et intelligents, l’autre sera une fille, Trémière, d’une beauté exceptionnelle que l’on dit stupide mais à voir…c’est une observatrice silencieuse élevée par une grand-mère géniale et originale.
Que de sujets abordés dans cette version moderne du conte ancien. L’auteure nous donne son point de vue décalé sur tout. Nous allons suivre l’évolution des bébés, leur croissance, leurs premiers pas, l’acquisition du langage, les résultats scolaires, l’école avec les problèmes de la cour de récréation puis l’orientation de ces deux enfants devenus adolescents qui ont pris du recul et ont tout compris de leur potentiel.
Déodat se passionne d’ornithologie ce qui nous vaut des pages magnifiques sur les oiseaux, plus particulièrement la huppe fasciée devenu un hiéroglyphe mais aussi sur les oiseaux « parisiens ».
Trémière, qui sera initiée par sa grand-mère à l’étude des sensations apportés par les bijoux, deviendra mannequin-main et cou. Pages superbes aussi sur les bijoux.
Nos deux héros se rencontrent évidemment…
Quelle imagination, quelle belle écriture, légère et précise, quelle analyse des personnages, quelle fantaisie et quel humour.