mercredi 19 février 2014

Tracy Chevalier : La dernière fugitive

LA DERNIERE FUGITIVETHE LAST RUNAWAY                                                                                                      
couverture anglaise du livre posé sur un quilt                                     



Tracy Chevalier : La Dernière fugitive - La Table ronde, 2013 - roman anglais

« Passionnante échappée dans l’Amérique des Quakers et des esclaves en fuite » : voilà comment est résumé le nouveau roman de Tracy Chevalier qui nous a déjà régalés  avec le roman « La Jeune fille à la perle » en 2002 dans lequel elle mettait en scène la très belle servante du peintre Vermeer et avec « Prodigieuses Créatures » en 2011 où une jeune analphabète devenait paléontologue.

Ici l’héroïne Honor Bright quitte la Grande-Bretagne en 1850 pour rejoindre une communauté de Quakers dans l’Ohio. Après une traversée mémorable et éprouvante, elle va découvrir un nouveau monde et va devoir s’habituer aux mœurs, aux mentalités, aux usages de ce territoire du Middle-West américain et à une vie beaucoup plus précaire. A travers des lettres écrites à son amie Biddy et à sa famille, restées en Grande-Bretagne, on comprend les sentiments de notre héroïne sur l’Amérique : « L’Amérique est une terre si singulière. C’est un pays jeune et inexpérimenté aux fondations incertaines » « On a la sensation que personne n’est là depuis longtemps et que personne ne restera longtemps » dit-elle.
D’une intelligence vive et d’un caractère passionné et combatif, contenu par sa religion et les exigences imposées aux femmes, elle va nous raconter sa vie au quotidien, ses sentiments, ses rencontres : Adam, fermier qui devait épouser sa sœur ; la belle-sœur de celui-ci ; Belle, une modiste atypique ; Donovan, un chasseur d’esclaves fugitifs ; son mari, fermier quaker ; sa belle-mère inflexible et les brodeuses de quilts qui la protègent.

Les rites des Quakers, membres d’un mouvement fondé par Georges Fox en 1648, sont extrêmement biens décrits. Après cette lecture on sera incollable sur la fabrication de ces quilts en patchwork complexe, signature de la communauté quaker et cadeau de mariage incontournable. Ce sont des dessus-de-lit que ces dames confectionnent pour un mariage ou une naissance, généralement c’est une œuvre collective. La passion d’Honor pour la couture lui donne « une force tranquille ». La description des réunions de la communauté est très intéressante. La sévère communauté protestante des Quakers – ou la rigide Société des Amis, comme ils se nomment eux-mêmes – a un culte fondé sur le silence et un lien direct avec Dieu : « Dans le froissement d’étoffe, avec force toussotements et raclements de gorge, les fidèles s’agitaient sur leurs sièges pour trouver une position confortable, leur nervosité physique reflétant l’état de leur esprit, encore hanté par les préoccupations journalières….La qualité du silence se modifiait peu à peu…Les fidèles commençaient à se concentrer sur quelque chose de bien plus profond et de plus en plus puissant. Honor descendait alors en elle. L’inspiration divine qu’elle éprouvait lors des Réunions n’était pas un sentiment qu’elle pouvait décrire par des mots »…édifiant et très beau…
Nous allons assister à le métamorphose d’Honor, qui d’une jeune fille timide va devenir une pionnière hardie. Elle nous fait revoir l’histoire de l’abolition de l’esclavage qui est proche (en 1866) puisqu’elle aide de façon intrépide des esclaves en fuite venus du Sud  à rejoindre le Canada (ce qui déplait à la famille de son mari) et il est intéressant de se remémorer l’histoire du « chemin de fer clandestin » qui était un réseau de routes clandestines utilisées pas les esclaves noirs américains pour se réfugier et aller jusqu’au Canada aidés pas des abolitionnistes qui adhéraient à leur cause.

L’écriture fine et paisible de Tracy Chevalier ainsi que l’alternance de récits et de lettres rendent ce beau roman très agréable à lire, l’auteur sachant à merveille dépeindre la vie, les sentiments et le quotidien de ses héros.

Romain Puertolas : L'Extraordinaire voyage du Fakir......

livre l'extraordinaire voyage du fakir qui etait reste coince dans une armoire ikeaRomain Puertolas : L'Extraordinaire voyage du

Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea.

La Dilettante-2013 - roman français.







Ce sont les péripéties désopilantes d’un indien fakir Ajatashatru, célèbre dans tout le Rajasthan, qui, grâce à son inventivité et son esprit farceur, est embarqué dans une histoire « abracadabrantesque » puisqu’il se retrouve « coincé dans une armoire Ikéa » qui va être brinquebalée à travers l’Europe et même dans les bagages de Sophie « Morceaux » (le clou du roman, dit le critique de Version Fémina). La description du personnage est succulente « d’âge moyen, grand, sec et noueux comme un arbre avec le visage mat et barré d’une gigantesque moustache » le tout dans un costume de soie grise, une cravate rouge et une chemise blanche !!!! et la tête entourée d’un gros turban blanc : on imagine…

Petit côté plus sérieux : le fakir rencontre des clandestins soudanais et comprend leur combat quotidien pour passer les frontières, se lie d’amitié avec eux et les retrouve…
Ce romancier est un « conteur alerte à l’imagination hautement débridée » et son style plein d’humour est à la hauteur des situations qui nous font éclater de rire ou sourire, surtout au début du roman.

L’auteur travaille dans la Police de l’air et des frontières ou plutôt travaillait car quitte son métier pour se consacrer à l’écriture de romans mais aussi du scénario du film adapté de son roman : « J’écris comme je respire. Je ne cesse d’inventer des histoires » dit-il. C’est un incroyable parcours que vit cet auteur encore inconnu il y a 6 mois : 80 000 exemplaires étaient vendus dès le mois  de novembre 2013 et les droits ont été cédés à 35 pays…
Bon moment de lecture vraiment drôle

mardi 21 janvier 2014

Mario Vargas Llosa : Le paradis - un peu plus loin.

livre le paradis ; un peu plus loin
  

Mario Vargas Llosa : Le paradis - un peu plus loin - Gallimard, 2003 puis en Poche, 2005 - roman de deux biographies


Depuis que Mario Vargas Llosa a été lauréat du prix Nobel de Littérature en 2010, je voulais relire un de ses livres (j’avais lu « Lituma dans les Andes » écrit en 1993, roman assez difficile et noir qui se passe au fin fond du Pérou). Cet auteur a reçu le prix Nobel pour « sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées des résistances, révoltes et défaites des individus »…. (tout un programme)

Ce roman « El Paraiso en la otra esquina » a été écrit en 2003 alors qu’il vit en Espagne depuis 1993 et il reconnaît qu’il se sent espagnol autant que péruvien. Il déclare lors de sa conférence le 7 décembre 2010 en tant que lauréat du prix Nobel : « J’aime l’Espagne autant que le Pérou et ma dette envers elle est aussi grande que l’est ma gratitude. Sans l’Espagne, je ne me trouverais pas aujourd’hui à cette tribune ». Il dit avoir été énormément influencé par Balzac pour la densité de son observation sociale.

« Ses récits sont identifiables par un jeu sur la structure, la chronologie et la pluralité des narrateurs » dit un critique : c’est un double récit : un chapitre sur chacun à tour de rôle, le titre aidant bien dans les dates. Beaucoup de « flash-backs » nous renseignent sur l’enfance et la vie de nos deux héros. En effet dans ce livre, il nous romance deux biographies : la vie de Paul Gauguin et la vie de sa grand-mère Flora Tristan, deux destins incroyables, deux personnages hors du commun.

J’ai lu rapidement la vie de Flora Tristan (1803-1844) : c’est une biographie à tendance roman historique. Le tour de France de cette militante féministe et ouvriériste est surprenant. L’auteur nous brosse le portrait d’une femme extraordinaire, impulsive, se battant pour ses idées humanistes, pour le droit des femmes à divorcer, pour le droit du travail en début de 19ème siècle mais son combat reste très « moderne et actuel ». Il dépeint de façon magistrale la société de cette époque, toutes les classes sociales sont étudiées et décrites. On sent beaucoup de recherches sur la société française et la société péruvienne de l’époque. On fait en même temps une petite révision des thèses de Saint-Simon, de Fourrier…

Je me suis beaucoup plus passionnée pour la vie de Paul Gauguin (1848-1903). On s’attache à cet artiste en prenant part à ses tourments, sa folie, sa manière d’aborder les gens et les choses, sa façon d’être odieux ou sublime, d’être créateur ou poivrot et d’être égoïste ou généreux. Le portrait de Gauguin est  exceptionnel : « yeux bleus saillants et mobiles, bouche aux lèvres droites généralement froncées en une moue dédaigneuse et nez brisé d’aigle prédateur ». Le récit commence en 1892 lorsque l’artiste décide de partir à Tahiti. Il y est appelé « Koké » et la description de sa vie là-bas est formidable : couleurs, senteurs, humidité, soleil, le faré, les paysages : « Ce paysage à la luminosité si vive, aux couleurs si nettes et contrastées, à la chaleur et aux rumeurs croissantes, sur le roulement monotone de la mer » : on s’y croirait… L’auteur attire notre attention sur les tableaux les plus connus, chacun ayant une raison d’être fait à ce moment précis dans un état d’esprit particulier : en 1893 « Manao Tupapau » (l’esprit des morts veille), « Papa Moe », un auto-portrait peut-être, « Aïta Tamari vahiné » (la superposition de deux nues), le tableau de sa vahiné peint dans un « halo particulier » dans une atmosphère spectrale magique ou miraculeuse qu’il appellera « Nevermore » car « la fille ne montrera plus jamais cet abandon si spontané, cette nonchalance absolue » puis le tableau que le peintre considère comme son testament artistique « Où sommes-nous, que sommes- nous ou allons-nous » peint en 1897.

Des flashbacks nous raconte sa vie bourgeoise et son mariage avec Mette, une danoise avec qui il a eu 5 enfants, sa vocation soudaine, sa vie à Pont-Aven avec d’autres peintres, sa vie donc à Tahiti, son retour en France  où l’auteur raconte le jugement des autres peintres sur ses oeuvres  tel Pissaro, Degas, Van Gogh , son nouveau départ pour Tahiti et son installation dans son faré aux îles Marquises…

Au cours de la lecture de ce double récit, on se rend compte pourquoi l’auteur  a  rapproché les deux héros : ils sont tous deux en quête d’une forme de paradis qu’ils n’atteindront pas. Ils sont insoumis, en recherche de liberté, individualistes et d’un caractère bien trempé !!!

J’ai beaucoup aimé le style et l’écriture. Cette façon de mélanger la 2ème et la 3ème personne, d’interpeller les héros par des surnoms, de les remettre en place est assez originale et géniale et donne beaucoup de vivacité au texte.

A lire si on aime les vies d’artistes et de personnages historiques.

 

Anne Delaflotte Mehdevi : Sanderling

livre sanderlingAnne Delaflotte Mehdevi : Sanderling - 2013, Gaïa Editions - roman français.


Une ambiance particulière règne durant ce roman d’Anne Delaflotte  Mehdevi.  

D’abord nous découvrons les vastes étendues du Grand Nord où Landry, le héros de ce livre, voyage à la découverte d’espaces grandioses et de contacts directs avec les éléments en se remettant d’une blessure physique et d’un séisme psychologique dû à son divorce. Il y est subjugué par un « Sanderling », petit bécasseau, limicole rondelet qui peut effectuer jusque 20.000km entre le Groenland et l’Afrique du Sud en passant par Quiberon tous les ans. On retrouvera ses congénères plus tard dans le roman. Landry rentre chez lui pour retrouver ses racines lorsqu’il se sent assez solide pour aborder les siens. L’auteur dit aimer aborder le thème du besoin de nous ressourcer près de notre Maison  ou de notre village natal.

Ensuite donc nous découvrons la campagne du Perche (je pense) recouverte de cendres venues d’un nuage dû à l’éruption d’un volcan en Islande.

A cause de cet événement climatique, un genre de huis-clos va s’instaurer dans le village entre Landry, agriculteur, et ses enfants (il vient de divorcer), sa mère d’adoption, le cousin Merlin et sa famille, agriculteur aussi, la tenancière de l’unique café du bled, la propriétaire du manoir caché à l’orée du village et Germain, l’ami de Landry, connu dans le Grand Nord, chercheur en biologie cellulaire, venu se réfugier en France.

Le monde agricole est extrêmement bien étudié et les discussions entre les exploitants agricoles très approfondies : agriculture « raisonnée », agriculture « bio », élevage des vaches, des poules, des pigeons… Tout cela mis en suspens à cause des cendres et du manque de soleil, l’environnement étant chamboulé par cette catastrophe.

Rester ou partir ? Tous les villageois se posent la question mais une camaraderie, une entraide extraordinaire vont unir les habitants de ce village qui va s’organiser pour faire face….je n’en dis pas plus….

L’auteur survole un peu trop les expériences qui sont faites alentour pour survivre sous ce nuage et les problèmes énormes que peut soulever la migration de toutes les populations du Nord et de l’Est de la Terre….

Beaux exemples de solidarité, de retour aux valeurs essentielles, d’amitiés sincères avec des personnages très attachants.

Très beau livre sur la vie agricole et sur la nature humaine.

Grégoire Delacourt : La première chose qu'on regarde

livre la premiere chose qu'on regarde

Grégoire Delacourt : La première chose qu'on regarde - Lattès, 2013 - roman court : coup de griffe

  Après « La liste des envies » qui nous avait beaucoup plu, voici « La première chose qu’on regarde » du même auteur. « Cette chose » sont les gros seins pour lesquels notre héros, ouvrier garagiste, en Picardie, fantasme.
Il va encore plus en rêver en ouvrant la porte de sa petite maison au bout du village à « Scarlett Johansson » qui lui dit fuir les projecteurs… Evidemment elle n’est que le sosie de la célèbre actrice et vit très mal sa ressemblance.
Ces deux êtres cabossés par la vie vont vivre une « love story » touchante mais je ne me suis pas laissée envoûter…Après un début plein d’humour, l’histoire s’essouffle. Seule, une  écriture « belle, innocente et tragique » sauve cette « fable ultramoderne » (dixit l’éditeur).
L’auteur dit en parlant de son roman : « Il faut regarder les gens comme ils sont, pas comme on les rêve » : à réfléchir sur ce message !!!

Jean-Christophe Rufin : Le grand Coeur




livre le grand coeur

Jean-Christophe Rufin : Le grand Cœur –2012, Ed Gallimard – Poche, janvier 2014 - roman historique. Prix du roman historique 2012

Jean-Christophe Rufin, écrivain académicien, écrit les mémoires imaginaires de Jacques Cœur en nous livrant « une épopée moyenâgeuse pleine de panache ». Il lui a fallu beaucoup d’imagination pour écrire 500 pages bien serrées sur la vie de cette homme dont on ne sait pas tant de choses…Ecrit à la première personne, ce qui rend ce roman très intimiste, ce récit est conté par Jacques Cœur lui-même : c’est une sorte de bilan de sa vie. Il fut marchand, négociant, banquier, armateur mais aussi Grand Argentier du Roi Charles VII, membre de son conseil, diplomate, seigneur et enfin Amiral de 1400 environ à 1456.


L’écriture extraordinaire de l’auteur réussit à nous faire aimer notre héros et à le réhabiliter car il lui voue beaucoup d’admiration.

Les trois grandes passions de Jacques Cœur sont décrites merveilleusement et on se régale en lisant cette littérature romanesque.

-        Passion pour l’Orient : les descriptions et la découverte de Damas sont magnifiques et hautes en couleurs, Jacques  Cœur étant surpris de tant de raffinements.

-        Passion pour Florence où il découvre l’art et le luxe.

-        Passion pour Agnès Sorel, la Dame de Beauté, première favorite royale dans l’Histoire de France, décrite avec délicatesse, précision d’après un tableau de Jean Fouquet peint dans les années 1440, la montrant « d’une beauté saisissante ».

Ce livre est enthousiasmant grâce à son style : « Il a la puissance d’un roman picaresque, la précision d’une biographie et le charme mélancolique des confessions » nous dit l’éditeur et il nous fait découvrir le Moyen âge au seuil de la Renaissance, période peu traitée en littérature.

Un seul bémol : quelques passages au milieu du livre sont vraiment très longs et répétitifs et le récit s’essouffle un peu dans la deuxième partie….

 

 

samedi 21 décembre 2013

Christophe Ono-dit-Biot : Plonger

Christophe Ono-dit-Biot : Plonger - Gallimard, 2013- roman. Coup de COEUR

 
Christophe Ono-dit-Biot a reçu le Grand Prix du Roman de l’Académie Française 2013 avec ce roman et on le comprend en lisant ce livre magnifique qui est, dit-il, « un roman de la transmission et de l’émerveillement face à la beauté ».
L’auteur nous a déjà fait rencontrer le héros de ce roman, César, jeune journaliste dans « Birmane » (Prix Interallié 2007). César partait alors en Birmanie pour rapporter de ce pays « une histoire qui changera sa vie » en quête d’amour et d’absolu. L’auteur en avait fait un livre magnifique… Dans le roman « Plonger », César est devenu père. Il écrit à son fils, Hector, l’histoire de son couple. Nous plongeons avec lui au sens figuré et au sens propre (voir à la fin du roman).
César est follement amoureux de Paz, superbe jeune femme, formidable artiste-photographe, tourmentée et en quête d’absolu. Nous allons les suivre dans la folle vie des artistes parisiens en art contemporain de notre époque : vie dans les musées, dans les expositions, dans les vernissages, dans les mondanités qui ne plaisent pas à Paz… Beaucoup de références culturelles et artistiques actuelles jalonnent les pages qui sont passionnantes. Un superbe voyage à Venise nous transporte dans cette cité magnifiquement décrite. Quel bel éloge à la beauté.
Dans deux chapitres passionnants, César nous explique les raisons pour lesquelles il ne veut plus quitter l’Europe : trop de risques maintenant qu’il est père. Il fut envoyé comme reporter pour le Tsunami en 2004 en Asie, « un véritable assaut aquatique lancé contre le tourisme de masse occidental ». Trop dur… Puis il dut retourner à Beyrouth au Liban en guerre depuis 15 ans mais dont il aimait « la vie nocturne » et il fut arrêté par des hommes qui se disaient membre du Hezbollah, le mouvement de résistance islamique et qui filmait son arrestation puis le relâchèrent : incompréhension totale et trouille bleue : Trop éprouvant….Plus d’Asie, plus d’Orient : « mon périmètre se rétrécissait » dit-il.
Paz, elle, rêve de partir loin pour fuir le monde superficiel : « l’amour est difficile. Aussi intense soit-il, c’est une guerre permanente, des moments où l’on est en total décalage avec l’autre » dit l’auteur dans une interview…Le couple se sépare. Paz part donc : elle a choisi une autre vie aux dépens de César et de son enfant, Hector, et cherche ailleurs un idéal de « pureté ». On annonce à César la disparition de sa femme et il part enquêter dans un  pays lointain malgré ses résolutions de ne plus quitter l’Europe…..Pages magnifiques sur cette île quasi déserte…et découverte du drame.
On ne ressort pas indemne après avoir plongé avec notre héros César. J’ai beaucoup aimé l’atmosphère de ce livre fort, très moderne, soulevant beaucoup de questions sur la vie actuelle, sur notre monde contemporain avec une belle écriture précise et colorée.